Pourquoi nous ne participerons pas à la manifestation du 9 juin
Lors du défilé du 1er mai, notre groupe a été pris pour cible deux fois par la police. Dans cet élan répressif, nous avons été molestés, frappés, certains mêmes arrêtés, tout cela pour nos idées. Et voilà qu’est planifiée pour le 9 juin une manifestation en notre nom, contre cette répression. Mais voilà aussi que cette manifestation s’organise dans notre dos, sans nous -qui sommes les concernés- par les mystificateurs de la gauche lausannoise. L’appel demande aux participants de venir masqués selon leur fantaisie !
Mais le temps n’est plus aux fantaisies, tout comme notre autonomie n’a jamais été négociable. Nous n’acceptons pas de nous faire passer pour des victimes comme le fait l’appel des « Casseurs-euses de pré-jugé » : cela serait trop facile. Nous proclamons notre antagonisme de classe, et dans de telles circonstances la police nous frappe, nous réprime, cela est d’une évidence crasse.
L’appel exige tout une série de revendications aux tenants du pouvoir. Tentative veine, nous n’espérons rien d’eux, tout comme nous n’invoquons pas la liberté de manifester "garantie par la constitution", car nous n’en voulons plus de leur constitution.
L’appel se tourne bien vite vers les préoccupations syndicales et politiques de nos récupérateurs en herbe. Quand donc seront sanctionnés les patrons qui violent les conventions collectives ? s’interrogent-ils en invoquant ce vieil avatar de la paix du travail, symbole définitivement croulant d’un ordre ancien. La mystification est à son plein : d’un côté ils sont les victimes de la répression du pouvoir, et de l’autre ils servent de caution démocratique au sein de ce même pouvoir en incarnant l’opposition. Une opposition qui se fait co-gestionnaire des crises et partie prenante de la socialisation de l’exploitation en participant aux exécutifs et législatifs. Ou en dirigeant les bureaucraties syndicales, en petits héros du travail exploité.
Nous, au milieu de ce merdier, nous ne nous y aventurerons pas. Non pas que nous ne partagions pas un dégoût de la répression mais parce que nous sommes cohérents. L’unité de la gauche de la gauche ne se fait pas à n’importe quel prix, surtout quand il y va de notre indépendance. Nous sommes peut-être des exclus, il est néanmoins vrai que nous sommes aussi la pointe émergente de l’iceberg d’une nouvelle composition de classe, représentatifs d’une jeunesse prolétarienne qui n’a plus rien à espérer des institutions.
Sur cette base, nous refusons l’instrumentalisation de notre répression et appelons donc les gens qui se sentent solidaires face à la répression qui s’est abattue sur nous cette année à ne pas participer à cette mascarade.
Action Autonome

